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Troubles périnéaux de la femme: les sportives aussi sont touchées !

17 Juin 2022

Si le sport renforce le tonus musculaire, les muscles du périnée quant à eux, semblent souffrir dans bien des disciplines. On parle même de l’incontinence urinaire de la sportive.

Le périnée, un ensemble de muscles à protéger

Le périnée est constitué d’un ensemble de muscles et de ligaments particulièrement sollicités chez la femme. Lors de certaines pratiques sportives, le plancher pelvien est plus particulièrement mis à contribution, et la pression abdominale exercée sur celui-ci peut être à l’origine de troubles urinaires, même chez de très jeunes femmes nullipares.

Une incontinence urinaire d’effort estimée à 58 % chez certaines sportives

L’étude de lincontinence urinaire de la sportive, réalisée par l’INSEP, montre que certains sports sont plus à risque que d’autres. C’est le cas de la gymnastique, du ballet, du basket-ball, de l’aérobic, du tennis, du trampoline, du squash, et de l’athlétisme (voir la liste détaillée en fin d’article). Pour des sportives de haut niveau, qui pratiquent l’aérobic, le ballet, ou la gymnastique, l’étude estime à 58 % la prévalence des fuites urinaires.

Un tabou pour toutes les femmes, pour les athlètes aussi !

Les fuites urinaires sont toujours une source d’inconfort et de honte. N’identifiant pas spontanément un problème périnéal, les femmes ne parlent pas de leur incontinence. C’est également le cas chez les sportives, dont l’incontinence est plus ou moins acceptée, et plus ou moins bien dissimulée, pendant la pratique sportive.

Mais vous imaginez comment on vit des fuites d'urine pendant une compétition ? Outre la sensation désagréable d’avoir une culotte mouillée, il faut espérer que vos partenaires, ou adversaires, ne soupçonnent pas que vous avez fait… un peu pipi ! Comment voulez-vous vous concentrer sur votre épreuve, ou votre match ?

Briser le tabou pour mettre en place des solutions

Paradoxalement, l’arrêt du sport n’est pas la solution dans le cas d’incontinence urinaire d’effort chez la sportive. Seul le dialogue pourra améliorer la situation. Pour deux raisons :

  • Comprendre que l’on n’est pas seule dans ce cas, et rompre avec l’isolement et la honte
  • Établir un diagnostic, et envisager une rééducation périnéale.
     

Bon à savoir, une solution préventive existe : préparation musculaire spécifique du périnée en analytique, puis dans les conditions de pratique de la discipline sportive.

Classification des sports en fonction des contraintes périnéales (extraite de l’étude)

Sports à contrainte périnéale forte, à composante dynamique dominante :

  • Gymnastique
  • Trampoline
  • Aérobic
  • Saut dans les disciplines de lathlétisme (saut de haies, saut en longueur, triple saut, perche)
  • Saut dans les sports de glace
  • Course à pied
  • Danse
  • Sports de balle (squash, tennis, badminton, basket-ball, volley-ball, handball)
     

Sports à contrainte périnéale forte, à composante isométrique dominante  :

  • Athlétisme et ses spécialités : lancer du javelot, lancer du marteau, aviron
  • Escrime
  • Haltérophilie
  • Équitation
  • Planche à voile
     

Les sports à faible risque :

  • Les sports techniques, comme le tir
  • Les sports portés
  • Le cyclisme
  • La natation
  • La marche
  • Le golf
     

source : https://hal-insep.archives-ouvertes.fr/hal-02063639/document